HISTOIRE

 HISTOIRE

La fertilité des côtes de Bretagne nord, associée à sa vocation maritime, en a fait depuis toujours un jardin potager qui approvisionne les grands centres de population européens.
La région s'est, dès le XIXe siècle, orientée vers l'exportation de ses productions légumières. Au XXe siècle, l'Europe du Nord découvre le chou-fleur breton, un légume frais disponible tout au long de l'hiver. La production s'intensifie, l'expédition s'organise. La Bretagne est à la veille d'une véritable mutation économique, dans laquelle les producteurs de légumes vont jouer un rôle majeur.

 

1958 - CRÉATION DU COMITÉ DE L'ARTICHAUT 

Après-guerre, l'agriculture française est en pleine mutation. Il faut nourrir la France, après ces années de pénurie.
Les producteurs de légumes ont relevé le défi. Mais le marché est aux mains des négociants-expéditeurs, entreprises qui ont pris en charge la commercialisation, et qui fixent les prix, souvent de manière arbitraire et individualisée. Le marché connaît des difficultés périodiques, notamment en artichaut.

Point de départ de l’organisation des marchés, ce comité de l’artichaut est né des manifestations importantes de producteurs qui refusaient de vendre à perte leurs produits.
« Nous avons connu des pères de famille la larme à l’oeil après avoir subi les caprices des acheteurs. Nous voulions vivre dignement du revenu de notre travail, un point c’est tout », expliquait à l’époque Alexis Gourvennec. Naîtront ensuite le comité du chou-fleur, de la pomme de terre…

 1958

 

1961 - CRÉATION DE LA SICA SAINT-POL-DE-LÉON

 1961 A cette époque, la vente des légumes se faisait de gré à gré, sur les marchés, entre producteurs et acheteurs, ce qui permettait aux acheteurs de mettre en concurrence les producteurs entre eux et de tirer les prix vers le bas. Seule
façon de faire face à ce système : créer une structure collective de producteurs, la SICA qui, dorénavant, fixera des prix journaliers indiscutables, calculés en fonction de l’offre
et de la demande.

  

1961 - PREMIÈRE VENTE AU CADRAN

Au cours d’un voyage d’études aux Pays-Bas,
les fondateurs de la SICA ont découvert le système des         « veilings », des marchés de vente aux enchères dégressives, qu’ils décident de mettre en place à Saint-Pol-de-Léon.
Lors de la première vente au cadran, les négociants boycottent le système. Certains agriculteurs ne souhaitent pas y participer, préférant gérer seuls leurs ventes. La guerre
dans les campagnes bretonnes est déclarée car « pour gérer un marché, il faut absolument gérer la totalité des  transactions », dira Alexis Gourvennec.

 1961 cadran

 

1965 - CRÉATION DU CERAFEL 

La reconnaissance, par la loi d’orientation agricole de 1962, prévoyait l’harmonisation des actions de groupements de producteurs par des comités économiques. Trois coopératives, la Paimpolaise et la Perrosienne (qui ont fusionné pour devenir aujourd’hui devenue l’UCPT), la SIPEFEL devenue Terres de Saint-Malo et la SICA St Pol,
se regroupent sous l’égide d’un comité économique : le CERAFEL . La Bretagne devient la région agricole la plus organisée de France.
 1965 creaion cerafel

 

1966 - ARRÊTÉS D'EXTENSION DES RÈGLES

Pour conforter l'organisation de marché toutes les ventes devaient s'effectuer par les marchés au cadran ou par les coopératives d'expédition 

 

1970 - CRÉATION DE L'OBSERVATOIRE BRETON DE SÉLECTION (OBS) 

 1970 obs Les producteurs bretons, via le Cerafel, décident d’implanter sur leur territoire leur propre entreprise semencière dont la mission, encore aujourd’hui, consiste à répondre à leurs
besoins spécifiques en matière de création variétale et de production de semences et de plants. Les prix, beaucoup plus bas que ceux des semenciers privés, sont fixés par le conseil
d’administration, composé exclusivement de
producteurs.

  

1970 - CRÉATION DE LA MARQUE PRINCE DE BRETAGNE

Les producteurs décident de faire « la publicité de leurs produits » et créent donc leur propre marque : Prince de Bretagne. « Faire de la propagande pour des produits de première nécessité, cela n’a pas manqué de surprendre,
c’est le moins qu’on puisse dire », déclarait à
l’époque Alexis Gourvennec.
 1970 pdb

 

1972 - CRÉATION DE LA BRITTANY FERRIES

 1972 BAI Toujours en quête de nouveaux marchés, les producteurs bretons décident de créer leur propre compagnie maritime pour exporter leurs légumes vers la Grande-Bretagne et,
en parallèle, développer le tourisme dans leur région.

 

1980 - PREMIER SPOT DE PUBLICITÉ

 « Chou-fleur Prince de Bretagne cuit ou cru, on ne s’en lasse jamais. » Ce slogan est le premier d’une longue série. Quelques mois plus tard, c’est au tour de l’artichaut avec une jeune femme pliant en deux un haltère en forme d’artichaut :   « Artichaut Prince de Bretagne, mangez du vert, mangez du fer. » Le spot de 1985 assoira définitivement la notoriété de la
marque : un cavalier sur son cheval parcourant les plages de Bretagne, livre sur la place d’un village des légumes frais Prince de Bretagne.
 1980 spot pub

 

1983 - CRÉATION DU CATÉ

1983 cate Après avoir créé l’OBS, les producteurs bretons ont continué à mettre en place un environnement technique et scientifique
spécifique à leurs productions. Ils ont donc créé le CATE puis la SECL, deux stations d’expérimentation. Ils ont également fondé en 1989 le laboratoire de R&D végétal VEGENOV-BBV, qui travaille sur le développement de variétés résistantes aux parasites et aux maladies. À ce dispositif, ils ont ajouté l’ISFFEL, un centre qui forme les chefs des rayons frais, et des logisticiens.

 

Aujourd'hui, le marché fonctionne sur ces bases, élaborées en 1961, même si les évolutions ont été nombreuses et importantes pour s'adapter aux réalités du marché.

 

En près de cinquante années d'organisation, les producteurs de légumes ont agi sur leur activité et leur environnement économique et contribué au développement de la Bretagne.

> Le marché : les producteurs ont pris en main leur mise en marché.

> Les infrastructures : un réseau de stations de conditionnement a été mis en place.

> La promotion : Les légumes bretons sont réputés partout en Europe et la marque Prince de Bretagne est devenue la marque de légumes frais la plus connue des consommateurs français.

> La solidarité régionale : des liens étroits ont été noués. Les cahiers des charges et les ventes sont communs.

> Les productions : Diversification horticole en 1966, et productions de tomates sous serre dès les années quatre-vingt. Aujourd'hui, cette recherche de nouvelles cultures se poursuit.

> La technique : les producteurs ont organisé leur propre réseau d'expérimentation et de recherche : Les stations d'expérimentation Caté et Terre d'Essais, Végénov (Biotechnologie Végétale), OBS (coopérative semencière qui crée et multiplie les variétés de légumes) etc...

 

Le CERAFEL est une Organisation Professionnelle Agricole gérée par les producteurs, dans toutes les instances de décisions, les délégués sont des agriculteurs mandatés par leurs organisations de producteurs.